vendredi 18 juin 2010

Anne au Pérou : trek dans la Cordillère Blanche


L'Ishinka



Hola , apres avoir dit au revoir aux petits Incas et aux immenses escaliers, j'ai fait un saut de puce à Lima, histoire de rejoindre Sam et Marine et nous voilà repartis ensemble pour Huaraz, le village au pied de la Cordillère Blanche (elle s'étend sur 180km avec 35 cimes à 6000m). Ce village est un vrai chantier, il a été complètement détruit par un tremblement de terre en 1970.
Pas facile de choisir un treck ici, il y a tellement à faire, la Cordillère Blanche compte 22 sommets à plus de 6000m un paradis pour les trekeurs et escaladeurs. Nous sommes super bien acclimatés mais nous avons tous un niveau différent et déjà quelque jous de marche et de camping dans le dos.
Je sens que je suis la plus motivée et entrainée ( merci les cour 'heureuses) et je serais prête à faire un treck de 7 ou 8 jours mais comme suis la seule cour'heureuse les 2 autres sont de fum'heureux nous trouvons un joli compromis grâce à Bertrand, un Genevois qui lance son agence de voyage et qui nous compose un treck selon nos demandes. En route pour 5 jours de treck dont 2 sommets à 5 500m en compagnie de Victorino. Il manque plus que le x pour être de la génération des couteaux suisse.


Victorino c'est un personnage à Huaraz, sorti de la 1ere volée des guides de Huaraz en 1982 ( sur 30 aspirants seul 5 d'entre eux ont obtenu leur diplome de guide ) formé par Camille Bournissen, le Papa de Chantal notre skieuse.


Il connaît tous les sommets, toutes les plantes, tous les bons plans, les autres dans la cordillère l' appelle PROF a vu evoluer le materiel technique mais a préféré garder le sien d origine.....

Jour 1:

On se met en marche vers les 13h30 après avoir loué : piolet, crampon , boudrier et pour moi, même des souliers de montagne. Il pèse au moins 2kg par soulier, sont super rigide, rien que de les voir je sens la cloque se pointer....
-avoir roulé une petite heure dans la quebrada (la vallée )
-avoir mangé notre petit sandwich, on a reçu un petit sachet avec choc, banane, sandwich, bonbons j'ai l'impression d'être en course d'ecole ou en marche de la cordée.
-avoir chargé nos 2 mules

La marche est facile, on monte gentiment (800m de deniv) jusqu'au camp de bas.
Beau camp au pied des montagnes et d'une petite riviere. Il fait vite froid, surtout que le vent s'est levé. A 20h00 on est dans le sac de couchage pour dormir le mieux qu'on peut!


Jour 2 :
3h30 du mat, Victorino qui a la forme dès qu'il ouvre un oeil, crie:" Anna Buen Dia, desperte, levante..."Pour moi le 1er obstacle c'est toujours de mettre les lentilles avec la lampe frontale. Ensuite il faut chausser mes superbes chaussures de montagne. Je prends l'option de mettre 2 paires de chaussettes car je n'ai que des fines.
Après un excellent petit déj, ( des oeufs brouillés à la saucisse que je vais garder sur l' estomac toute la montee ) on se met en route, malheureusement sans Sam. le pauvre il a vomi toute la nuit.

"A l'attaque" comme dit Victorino, on se met en marche sous une pluie d 'étoiles, magique! On galère tout de même un peu à trouver le sentier et avec mes souliers j'ai l'impression d'avoir des pieds de bois, sans la sensation du sol.Tête baissée, sans un mot, on marche pendant 2 grosses heures jusqu'au névé où il faut s'équiper et mettre ces fameux crampons mais avant j'enlève mes souliers pour remonter mes chaussettes qui ne font que de glisser. J'ai super froid aux mains, je n'ai pas de gants, le vent souffle. Marine me demande la sensation que ça fait quand on perd nos orteuils.. Heureusement Victorino nous fait tout.... on a qu'à se battre contre le froid.
Il est 7hoo heureuse de se remettre en marche, mais surtout heureuse de voir le soleil se pointer et quelques minutes plus tard le sentir nous réchauffer, que c'est bon.

Pour moi tout va mieux, je suis bien avec ma corde, mes crampons, Pour Marine, c'est plus difficile, elle a pas de jus, elle veut s'arrêter et nous attendre... Pour Victorino et moi il est hors de question on prend le temps mais et on arrive ensemble. J'ai adore cette montée au milieu de tout ces sommets blancs sous le soleil, une sensation de HAUTE MONTAGNE. J'ai moins aimé enlever et remettre 3 fois les crampons des années 60 .
A 9h00 pile poil on est au sommetde l'Urus, que les 3. On s'avoure cet instant et Marine laisse éclater sa joie pour son 1er 5000m !

Après avoir enlevé mes chaussures pour remonter mes chaussettes " A l'attaque " de la descente. Les derniers mètres ont été plus pénible que les derniers mètres de montée, on peut pas croire qu'on est monte par la... si raide. De nuit tout paraît plus facile.A 12h20 on est au camp de base, Sam va mieux, il peut de nouveau fumer. Marine est trop fière d'elle et moi miracle je n'ai pas de cloques.
Sieste bien méritée, et a 17hoo on émerge pour profiter des derniers rayons de soleil et surprise la soupe est prête. A 17h35 Victorino nous sert la camomille, pire que les vieux. Mais nous on est pas fatigué et on joue à UNO toute la nuit.



Lessive qui sèche au crépuscule


Jour 3:
Jour tranquille on peut faire la grasse matinée, on que 4 heures de marche jusqu'au prochain camp de base, par contre on a plus les mules, elles ne peuvent pas passer la vallée avec nous, c'est trop étroit pour elles. Du coup le muletier se transforme en porteur et porte la bouff.
Vers 14hoo on est déjà au camp de base, le temps se couvre, se gâte, il grêle, il neige, il fait super froid. On sort quasi pas de la tente, on arrive pas a dormir.





Jour 4:
3h30 debout, on se lève presque avec soulagement. On packte et on se met en route, cette fois ci la montée les 3 et la montée est plus douce, il n'y a pas de vent mais toujours les étoiles. ON voit même une étoile filante qui nous souhaite belle route.
Après 1hoo de marche, il faut déjà mettre les crampons. Nous avons droit à un superbe levé de jour et Victorino n'aime pas trop qu'on s'émeuve devant le lever de jour au lieu de s'activer avec nos crampons des années 60 qui ont de plus en plus de lacets emmêlés.



Nous faisons une belle cordee de 5, personne ne marche sur la corde, la pente est douce, la neige dure ,la vie est belle.

Victorino est un peu déçu que nous ne soyons pas les 1 er en haut de l'Ishinca mais moi pas, nous sommes accueillis par 5 magnifiques Espagnol, j'ai bien regarde il y avait pas Kilian....
La descente est agreable tant qu'on est sur la neige, sitôt qu'on a enlevé les crampons, c'est l'horreur, il n'a pas de chemin, on fait 1200m de dénivelé dans un espèce de rocaille et ensuite paturage plein de trous.....
On va passer notre dernière nuit sous tente sans regret, les nuits sont plus dures et longues que les journées.





Jour 5 .
On a un triste petit dej, plus de nutella, plus d' oeufs, des saucisses dégeulasses toutes seules avec du pain dur mais un merveilleux soleil et une vue superbe. On l'apprécie ce soleil il a fait tellement froid de nouveau cette nuit, on se lézarde contre les grosses pierres au lieu de manger les saucisses à Victorino.
On redescend la Quebrada retrouvant peu a peu la végétation et les vaches et Bertrand qui nous attend avec un coca frais.
On apprécie notre douche aussi et des vêtements propres et une bonne biere et surtout un bon lit chaud-

Suis comblée de montagne et de trek, en 18 jours, j'ai marche 12 jours, j'ai dormi 2 nuits dans les bus et 10 nuits sous la tente.
Suis fatiguée mais heureuse, je vais récupérer un peu avant d 'aller explorer les volcans d'Equateur.....

Pour les Cour'Heureuses, l 'envoyée spéciale Anne Savary




mardi 15 juin 2010

Chaleur et orages au Pilatrail par Corinne

Le parc régional du Pilat c’est la porte d’entrée vers le sud, la Corse en plus vert. Une région préservée, authentique avec des habitants adorables! Le massif du Pilat se situe entre Lyon et St Etienne. Des chênes, des châtaigniers, des genets, une nature intacte, des montagnes bien rondes (témoins des activités volcaniques), quelque fois plus pointues dirigées vers le ciel composent le paysage.





Ce dimanche matin 6 juin 2010 le ciel est au beau fixe dans le village de Véranne (800 habitants) qui accueille les 700 trailers inscrits!


Le départ est donné à 9h15, la température est déjà hot, elle avoisinera les 32°au 1er ravito. Les coureurs s’élancent ; la pente est très rapidement "pentue" mais ça ne dure guère, les portions de faux plat et de petites montées plus nettes s’enchaînent sur des portions toujours courtes. Là, il s’agit de courir, de marcher, de relancer sans relâcher. Après une jolie pente plus raide et au soleil le 1er ravito est atteint : c’est la plage ! Les nombreux coureurs (2 parcours au départ 21km et 42 km) en quête d’eau s’abreuvent et se rafraîchissent à la fontaine. Je mouille ma casquette et ma tignasse. Moi j’ai encore suffisamment d’eau dans le camel et je remplis ma gourde de 500 ml au cas où. Là c’est une très jolie portion du parcours bien raide bien intense, nous sommes à la queue leu leu dans un décor de sous bois, le sentier est fait de racines et de pierres. Je me régale de cette nature à la fois douce et sauvage.




Les fameux amas de pierres du Pilat " les chirat " donnent la touche régionale à ce tracé.




A la chapelle St Sabin le paysage s’ouvre sur la plaine. 1ere belle descente tout va bien, l’air est un peu plus frais un léger courant se lève.





Plus haut encore, au Gratteau le paysage est sublime : nous faisons face aux fameuses Trois Dents, elles nous font un clin d’œil et nous attendent pour la fin du parcours

Avant d’aller les saluer, il s’agit d’effectuer 10km plus ou moins plat et moins et surtout peu motivant pour moi sur un chemin forestier, c’est long pour arriver au ravito des (que) 23,5km. J’ai vraiment pas de vitesse au plat et pas l’envie d’ailleurs…

Le ravito est sympa, mais plus d’eau plate, c’est pas grave, j’ai encore tout ce qui me faut sur moi et je prends de l’eau gazeuse. Je ne m’arrête pas trop. Je repars et là je croise un trio de coureur de la région lyonnaise l’un d’eux a des crampes s’accroche encouragé par ses potes : bravo !



Le sentier regagne le dénivelé perdu et atteint le point culminant du massif : le crêt de la Perdrix 1432m. Comme au Grand col Ferret il y a une pierre ronde d’orientation. D’ailleurs, par temps clair, on y voit le Mont Blanc et les Alpes. C’est beau : un magnifique dégagement. Le tracé suit la crête, MAGNIFIQUE, les balises sont très présentes : il paraît que l’an dernier il y avait du brouillard et l’organisation ne laisse rien au hasard. A ce moment ça se gâte : la pluie arrive, est-ce qu’elle va passer sur nos têtes ou filer plus loin ? Mes genoux donnent des signent de fatigue. En fait tous les signes se confirment sous l’antenne de l’Oeillon le tonnerre gronde, la pluie s’abat sur nous, et mes genoux ne veulent plus. Courir je peux plus. C’est la même douleur qu’à la fin du TVSB et lors de l’UMT. Des coureurs me croisent : moi j’arrête dans ces conditions, dit l’un d’entre eux, ça, ça aide pas. Puis d’autres me disent : ça va faut aller jusqu’au bout. Le parcours nous fait contourner tout l’Oeillon c’est ben long. La douche sur cette presque fin de parcours est tropicale, après la chaleur du début de course ça va. Le sentier devient ruisseau. La moindre descente un toboggan. Je m’inquiète pour mon amie Priska qui est censée m’attendre sous les 3 Dents. C’est pas franchement un endroit sûr en cas d’orage. La pluie se calme je l’appelle, après avoir passé l’orage sous un rocher elle est retournée au ravito juste avant. Ça m’aide à continuer. ENFIN le kilomètre 33, dégoulinante je reprends des forces et après un bon quart d’heure je repars avec Priska et le serre-fil qui est arrivé entre temps !



Le parcours a été raccourci pour éviter le passage sous les Trois Dents trop dangereux, nous dévalons enfin en marchant les derniers kilomètres pour rejoindre l’arrivée ça glisse mais Priska m’a donné ses bâtons. Encore un ravito, ils sont restés jusqu’au bout, alors il faut leur faire honneur pas question de passer sans rien prendre.




La pluie cesse et un rayon de soleil se faufile entre les nuages. A l’arrivée, après 7h00 de course, les membres du club m’ovationnent. Pas d’encombrement à la douche !! Plus qu’à aller manger la paëlla et monter sur le podium chercher le magnifique bouquet et le jus de pomme prévu pour le ou la Dernier/e. Je ne me défile pas j’assume et sacrifie au traditionnel discours.

Grand bravo et remerciements aux organisateurs les 50 membres du Jogging Club de Véranne et à leurs bénévoles qui ont montré toute leur qualité tant dans l’accueil convivial et chaleureux que dans leur rapidité de décision en lien avec les conditions météo.
Une belle expérience pour le parcours, la nature, l’accueil d’une gentillesse incroyable, et de l’expérience à engranger pour la suite de mon aventure de traileuse !

Un merci tout tout particulier à Priska pour sa présence rassurante tout au long de cette incroyable aventure.


































































































































Encore 2 photos des Trois dents : c’est rop beau ce coin !



























































































Coureurs à l’assaut des Dents avant le déluge

dimanche 13 juin 2010

Virée dans le massif du Pilat: Cour'Heureuses en vadrouille les 4-5-6 juin.


Le Jardin du truchet ancienne soierie de Pélussin

A Pélussin, village de 2000 habitants au Sud de Lyon dans le département de la Loire, Priska et Corine ont trouvé gîte à la Chambre d'Hôte du Jardin du Truchet pour ce we de Fête Dieu. Objectif du we se reposer, se dépayser, se balader et effectuer le Pilatrail pour Corinne...

La chambre d'hôte est un écrin de douceur en pleine campagne: tout y est bio bio bio et bon et beau. L'accueil chaleureux, le 1er soir nos hôtes nous attendent alors que les multiples bouchons nous ont beaucoup retardées. Le repas, un régal: salade fleurie, gigot, et petites rattes confites le tout arrosé au final à la framboise locale!
Le lendemain, après une nuit dans les draps "ardelaine" (à lalaine des moutons d'Ardèche), nous dévalisons la Ferme du Pilat et ses produits du terroir. Après avoir choisi les délices du pic-nic, nous partons à l'aventure. Nous commençons par suivre des rubalises



Puis l'envie de fraîcheur nous appelle au bord d'un ruisseau glougloutant.


Nous poursuivons notre épopée instinctive et arrrivons dans le hameau de Chamaillet. Les maisons du Pilat sont toute de pierre ocre dans les jaunes, le paysage verdoyant et fleuri.

Les forêts de petits chênes succèdent au forêt de châtaigniers qui laissent la place aux genets puis au champs de blés colorés par les bleuets.





Land'Art sur la mousse à l'heure de la sieste à l'ombre des chênes


Tout cela sous le regard des Trois Dents, trois sommets du Pilat qui nous lorgnent et que nous retrouverons le lendemain sur le parcours du Pilatrail.